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Le  voyant

Jérôme Garçin
Gallimard, 2015.

«Le visage en sang, Jacques hurle : «Mes yeux ! Où sont mes yeux ?» Il vient de les perdre à jamais. En ce jour d’azur, de lilas et de muguet, il entre dans l’obscurité où seuls, désormais, les parfums, les sons et les formes auront des couleurs.» Né en 1924, aveugle à huit ans, résistant à dix-sept, membre du mouvement Défense de la France, Jacques Lusseyran est arrêté en 1943 par la Gestapo, incarcéré à Fresnes puis déporté à Buchenwald. Libéré après un an et demi de captivité, il écrit Et la lumière fut et part enseigner la littérature aux Etats-Unis, où il devient «The Blind Hero of the French Resistance». Il meurt, en 1971, dans un accident de voiture. Il avait quarante-sept ans. Vingt ans après Pour Jean Prévost (prix Médicis essai 1994), Jérôme Garcin fait le portrait d’un autre écrivain-résistant que la France a négligé et que l’Histoire a oublié.

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Corps recomposés, Greffe et art contemporain.

Barbara Denis-Morel (sous la direction de)
Publications de l’Université de Provence

La greffe est une révolution médicale qui a pris son essor au tout début du XXe siècle. Depuis les succès des premières transplantations dans les années 1960, les progrès ont été fulgurants. Cette révolution fascine face à l’étendue des possibilités de rénovation qu’elle implique pour le corps humain. Or ce corps a toujours été au centre des préoccupations des artistes. Ce livre entend donc faire dialoguer la réalité médicale d’une innovation thérapeutique sans précédent avec les échos qu’elle peut rencontrer chez les artistes. Plusieurs auteurs analysent ainsi les divers aspects que peut recouvrir cette notion de greffe en art contemporain. Hybridation, recomposition, mutation, la greffe est multiple et renvoie à une aspiration fondamentale : modifier son corps en toute liberté.


TRANSPLANTER

Une approche transdisciplinaire : art, médecine, histoire et biologie.

Actes du colloque de Cerisy, 22 au 29 mai 2012.
François Delaporte, Bernard DEVAUCHELLE, Emmanuel FOURNIER (dir.)
Ed. Hermann, 2015.

Les opérations récentes de greffe de visage ont rappelé le caractère révolutionnaire de toute transplantation et plus généralement de l’acte même de transplanter. Celui-ci soulève de nombreuses questions qui se posent en des termes tantôt semblables tantôt différents dans des domaines fort divers allant de la botanique à la médecine, en passant par l’histoire des civilisations, l’histoire des sciences, les travaux artistiques. L’ouvrage, dans la suite du colloque de Cerisy, s’attache à soumettre ces différentes questions à l’épreuve de la transdisciplinarité.

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dIS-9782503534251-1


LA FABRIQUE DU VISAGE
De la physiognomonie antique à la première greffe.

Avec un inédit de Duchenne de Boulogne.

François Delaporte, Emmanuel Fournier, Bernard Devauchelle.
De Divertis Artibus, 2010.

La diversité des études ici rassemblées s’ordonne autour de deux moments forts pour la réflexion: la publication d’un manuscrit inédit de Duchenne de Boulogne, Considérations sur la mécanique de la physionomie (1857), et la première greffe de la face, effectuée par Bernard Devauchelle et son équipe en novembre 2005 à Amiens. Ces événements soulèvent de nombreuses questions, tant en histoire des sciences biologiques et médicales qu’en histoire de la civilisation. Questions que suscite le vivant humain comme sujet d’intervention, mais aussi questions sur l’apparence comme dimension essentielle de l’existence humaine. Le défi à relever: prendre, ensemble, l’invention du visage et de l’expressivité comme sujets d’étude.


Le corps de l’Homme
Conférence Nationale
des Académies des Sciences, Lettres et Arts

Institut de France, Fondation Simone et Cino del Duca, 2014.

Depuis nos lointains ancêtres du Magdalénien, l’homme n’a cessé d’être fasciné par la découverte de son propre corps. Pour mieux l’appréhender, il a tenté de le représenter, sur la pierre ou l’ivoire, au risque de commettre un sacrilège aux yeux des religions abrahamiques. Mais peu à peu, par le biais des images des saints, le corps s’est installé aux porches des églises, sur les retables, comme un livre grand ouvert pour les illettrés. Les ar­tistes ont rencot!tré les anatomistes. La sculpture de la nudité triomphante, la peinture du corps féminin, la mode, la musique, tous les arts magnifient le corps. Sa verticalité est devenue sens de spiritualisation. Mais les dangers sont nombreux. La relation intime et secrète entre la mère et l’enfant qu’elle porte sera-t-elle remplacée par les artifices de la science ? Irons-nous, à force d’améliorer le corps, vers un Transhumanisme qui nous rendra étrangers à nous-mêmes ? En attendant ce jour, acceptons l’idée que soi­gner les corps, c’est d’abord soigner des personnes qui ont droit au respect. Sinon, nous risquons, à force de vouloir « amélio­rer» le corps humain, de le transformer en humain« robotisé». Nous abandonnerions alors l’idée du « transhumanisme » au profit d’une totale déshumanisation

Le corps de l'homme - copie