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Les nouvelles technologies au service de la relique de Saint-Jean Baptiste

A l’occasion des huit cent ans de la cathédrale Notre Dame d’Amiens, les autorisations ont été accordées pour mener une étude pluridisciplinaire de la relique de Saint Jean Baptiste, l’une des reliques majeures de la chrétienté, à l’origine de la construction de la cathédrale Notre Dame d’Amiens, telle que nous la connaissons maintenant.

Initié par l’Institut Faire Faces, cette étude sera réalisée en partenariat avec la Direction Régionale des Affaires Culturelles Hauts de France, le Conseil Général de la Somme et l’Université Picardie Jules Verne.

Une campagne de financement participatif pour réaliser l’étude.

Les sommes obtenues permettront de disposer des conditions techniques pour l’accès aux éléments de la relique sans risque de dégradation, de réaliser les différentes analyses, préparer le compte-rendu scientifique et l’exposition prévue en 2022.

Les nouvelles technologies d’imagerie et de biologie seront utilisées pour préciser l’origine et la nature des éléments du reliquaire : le plateau, le chef et le cristal de roche, et viendront préciser les conclusions de la première étude menée en 1952.

Pour nous aider à financer la campagne, vous pouvez faire un don en ligne ou bien par chèque (après avoir rempli le chèque à l’ordre de l’Institut Faire Faces, envoyez-le par mail à contact@institut-faire-faces.eu et par courrier à notre adresse).

Saint-Jean Baptiste était aussi appelé le Prophète, parce qu’il a annoncé la naissance de Jésus et l’a baptisé sur les rives du Jourdain. Mis à mort pour avoir critiqué le mariage du roi Antipas avec sa belle-sœur Hérodiade, Saint-Jean Baptiste est mis en prison et décapité. Sa tête aurait été amenée sur un plateau d’argent à Hérodiade, qui y aurait planté un stylet.

Le corps de Saint-Jean Baptiste est ensuite enterré et dès lors, le devenir des restes du prophète font l’objet de lectures et d’interprétations diverses, comme l’atteste le fait que plusieurs églises conservent des reliques qui correspondraient à différents morceaux du crâne et du corps de saint Jean-Baptiste.

Cependant, c’est en 1206 que le chanoine de Picquigny, Walon de Sarton, rapporte de Croisade le crâne de Saint-Jean Baptiste, découvert à Constantinople, et le fait remettre à l’évêque.

Les pèlerinages, en grand nombre, commencèrent alors immédiatement pour vénérer la relique. Lorsque la cathédrale brûla dans un incendie en 1218, on décida d’ériger une cathédrale, assez grande pour recevoir les foules (la cathédrale gothique que nous connaissons aujourd’hui) et être digne du trésor qu’elle recélait.

La relique est la face antérieure d’un crâne humain, auquel manque la mâchoire. Peu après son arrivée à Amiens, au XIIIème siècle, un plat d’argent orné de pierreries, ainsi qu’un bloc de cristal sont fabriqués spécialement pour la protéger.

Seuls le bloc de cristal de roche et le chef de Saint-Jean Baptiste ont pu traverser les siècles. Le plateau d’argent, quant à lui, fut remplacé au XVème siècle par un plateau en or qui fut, à son tour, détruit ou volé à la révolution, au 18 siècle.

Le plateau actuel est une reproduction en argent fabriquée par l’orfèvre parisien Placide Poussielgue Rusant, au XIXème siècle, sur la base du plateau détruit à la Révolution.

En 1959, une première expertise diligentée par l’autorité diocésaine d’Amiens essentiellement radiographique et comparative (reliquaire de la mandibule de Saint Jean à Verdun), a conclu que le crâne proviendrait d’un homme, âgé de 30 à 35 ans, qui aurait vécu entre moins 2500 ans et plus 1000 ans, et qui aurait habité la Palestine.

Les sommes obtenues permettront de pouvoir disposer des conditions techniques pour l’accès aux éléments de la relique sans risque de dégradation et d’utiliser les moyens technologiques actuels pour préciser et améliorer les conclusions de la première expertise qui date de 60 ans. Elles serviront notamment à assurer une assistance conservatoire et scientifique pour assurer le bon déroulement des différentes phases de l’étude. Elles permettront aussi de financer la préparation du compte-rendu scientifique et une exposition prévue en 2022.

1. Constat d’état détaillé de la relique et du reliquaire

Documenter de la manière la plus précise l’état de l’œuvre (relique et reliquaire). Nous conduirons des observations poussées à l’aide de différents moyens d’observation (lunettes loupes, microscope numérique) pour caractériser la technique de préparation de la relique. Des prises de vue en haute définition seront réalisées à cette occasion.

2. Etude morphologique du chef

Prises de vue photographiques, analyse au CT-scan en couches jointives afin de reconstituer, par impression 3D et en soustrayant la cire par simple différence de densité, la structure osseuse en stéréo lithographie.

Examen en résonance magnétique nucléaire avec analyse “chimique” en spectroscopie et diffusion.

3- Analyses complémentaires

La réalisation de prélèvements pour analyses complémentaires en laboratoire :

· datation radiocarbone (pour dater plus précisément la relique)

· étude génétique

· analyse isotopique (déterminer la provenance de certaines matières)

4. Etude matérielle sur prélèvements selon observation

L’étude matérielle de la relique et caractérisation des éléments en présence (couverture des orbites, comblement de l’ouverture piriforme, cire…)